Martina Farinella (Università Roma Tre)

 

Cet article examine l’effet combiné d’une exposition successive aux inondations et à la sécheresse sur la productivité agricole au Malawi, où les moyens de subsistance des populations rurales dépendent fortement de l’agriculture pluviale de petite échelle, axée sur la culture du maïs. À l’aide de données de panel LSMS-ISA géoréférencées et croisées avec des indicateurs climatiques, l’étude évalue les effets de l’inondation de janvier 2015, de la sécheresse de 2015/2016 et de leur interaction sur les rendements de maïs au niveau des parcelles, en utilisant une approche de panel à effets fixes.
Les principaux résultats soulignent que ces deux chocs réduisent la productivité, mais que l’effet des inondations est systématiquement plus important. Parallèlement, l’exposition séquentielle a un effet négatif mais sous-additif : les parcelles exposées aux deux chocs affichent des performances inférieures à celles qui n’ont été exposées à aucun des deux chocs, mais elles ne constituent pas systématiquement le groupe le plus gravement touché. Au contraire, ce sont souvent les parcelles touchées uniquement par les inondations qui affichent les plus mauvaises performances. Les résultats suggèrent que les conditions agroécologiques et les contraintes d’adaptation contribuent à expliquer ce schéma. Certaines pratiques agricoles, en particulier la culture intercalaire, sont associées à des pertes moins importantes, tandis que la vulnérabilité reste fortement différenciée selon le genre. Dans l’ensemble, les résultats soulignent l’importance d’aller au-delà des approches à risque unique lors de l’étude des risques climatiques dans l’agriculture paysanne.

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21 mai 2026 E2. 508