6 février 2026

Bertille Daran soutiendra sa thèse intitulée “Land use and the economics of climate diplomacy”, réalisée sous la co-direction de Basak Bayramoglu (INRAE, PSAE) et Laurent Lamy (ENPC, CIRED), qui aura lieu le vendredi 20 février 2026 à 16h au CIRED (45bis, avenue de la Belle Gabrielle, 94130 Nogent-sur-Marne), Bâtiment principal, amphithéâtre du 1er étage.

 

Cette thèse étudie comment l’hétérogénéité des pays dans leurs structures économiques, et en particulier dans leurs usages des sols, façonne la diplomatie climatique internationale et, en retour, est remodelée par celle-ci. Le chapitre 1examine, de manière descriptive, si des clubs de négociation, définis comme de petites coalitions de pays partageant des positions alignées, peuvent émerger au sein du processus de négociation de la CCNUCC autour des options de réponse et des mécanismes de coopération liés à l’agriculture. À partir des textes officiels de la CCNUCC et d’un sondage original mené auprès de négociateurs climatiques, il identifie des configurations d’alignement entre pays à l’aide de méthodes de clustering hiérarchique. Les résultats suggèrent que des clubs de négociation peuvent émerger, mais que ces regroupements ne correspondent que faiblement aux coalitions de négociation existantes. Le chapitre 2 étudie si la libéralisation dès échanges agricoles peut constituer une incitation efficace pour renforcer la coopération climatique internationale. Il développe un modèle d’équilibre général spatial intégrant une productivité du sol hétérogène,qu’il intègre dans un jeu de formation de coalitions à mouvements simultanés. Les simulations montrent que ces incitations peuvent mener à des coalitions larges et stables, réduire les émissions mondiales et accroître le bien-être social. Toutefois, le chapitre souligne également que ces incitations peuvent engendrer des effets indésirables, ce qui met en évidence la nécessité de dispositifs complémentaires pour limiter les changements d’usage des terres et garantir la sécurité alimentaire. Le chapitre 3 étudie les effets environnementaux de l’aide climatique en estimant son impact sur la déforestation en Afrique entre 2001 et 2021. En mobilisant un nouveau jeu de données géolocalisées sur les projets d’aide climatique et une stratégie par variables instrumentales, le chapitre montre que l’aide climatique peut accroître là déforestation, en particulier dans les zones à forte couverture forestière.