Hélène Bouscasse (CESAER-INRAE)
Cet article examine la mobilité résidentielle en tant que stratégie d’adaptation à la chaleur extrême, en s’appuyant sur deux décennies de données administratives individuelles pour la France, combinées à des relevés de température à haute résolution et à un cadre d’étude dynamique des événements permettant un traitement récurrent.
Nous montrons que l’exposition aux vagues de chaleur augmente significativement la probabilité que les personnes déménagent vers des communes plus fraîches. Les réactions sont différées mais persistantes, et la distribution spatiale n’est pas monotone : les déménagements sur de courtes distances montrent la réaction la plus forte, ceux sur des distances moyennes la plus faible, tandis que les déménagements sur de longues distances restent économiquement significatifs.
La mobilité adaptative est concentrée chez les locataires à revenus élevés, les personnes jeunes et les ménages sans enfants, tandis que l’accession à la propriété freine considérablement l’adaptation en raison d’un effet de verrouillage lié aux coûts de transaction. Dans l’ensemble, l’adaptation au climat par la mobilité s’opère par le biais d’une relocalisation progressive et sélective plutôt que par un déplacement à grande échelle, une marge d’ajustement susceptible de renforcer les inégalités spatiales si les ménages en difficulté ne parviennent pas à s’adapter.
