Martin Jégard (PSAE) avec Rainald Borck (Uni. Potsdam), Efthymia Kyriakopoulou (AUEB) et Pierre M. Picard (U. of Luxembourg)
Le télétravail est-il bénéfique pour l’environnement ? L’essor du télétravail a soulevé des questions quant à ses impacts environnementaux et urbains. Si la réduction des trajets domicile-travail peut diminuer les émissions, l’augmentation de la consommation énergétique des ménages et les changements dans les schémas d’occupation de l’espace compliquent l’évaluation de ses effets globaux. Dans cet article, nous développons un modèle spatial quantitatif des villes suédoises intégrant l’adoption du télétravail par secteur, les modes de déplacement domicile-travail et les choix résidentiels. Nous constatons que le télétravail entraîne une réduction des émissions globales, principalement due à la diminution des trajets domicile-travail, même si les distances parcourues s’allongent. Les émissions liées à la surface habitable n’augmentent que marginalement ; les émissions résidentielles augmentent en raison de logements plus grands et de l’espace supplémentaire dédié au télétravail, tandis que les émissions liées à la surface commerciale diminuent. Ces effets opposés s’annulent largement. Dans l’ensemble, la diminution des émissions liées aux trajets domicile-travail prédomine, et le télétravail conduit à une réduction nette des émissions de CO2.
