Lutz Sager (ESSEC Business School), avec Björn Bos et Moritz A. Drupp
Les zones à faibles émissions (ZFE) constituent un instrument clé de la politique environnementale pour lutter contre la pollution atmosphérique dans les villes. Les ZFE ont permis de réduire la pollution atmosphérique et les problèmes de santé qui y sont associés dans les zones réglementées, mais on ne sait toujours pas qui a bénéficié de cet air plus pur. Afin d’examiner les effets distributifs des ZFE, nous combinons des données maillées sur les caractéristiques des résidents, notamment leur revenu et un indicateur de leur origine ethnique, avec des estimations haute résolution des concentrations de particules fines (PM2,5) en Allemagne, le pays qui compte le plus grand nombre de LEZ. Nous estimons les effets hétérogènes du traitement à l’aide d’une approche par différence dans les différences et montrons que les réductions de la pollution par les PM2,5 sont réparties de manière inégale dans la société. Si les résidents dont le nom est d’origine allemande bénéficient d’améliorations plus importantes dans les ZFE, les résidents dont le nom est étranger vivent de manière disproportionnée dans les LEZ et en tirent donc davantage profit lorsqu’on les évalue à l’échelle nationale. En monétisant les avantages liés à la qualité de l’air conformément aux directives gouvernementales, nous constatons qu’ils sont répartis en faveur des plus démunis dans les ZFE, bénéficiant de manière disproportionnée aux résidents à faibles revenus. D’un point de vue national, les avantages sont répartis de manière presque proportionnelle, bien que le signe soit sensible à la manière dont les avantages d’un air plus pur varient en fonction des revenus. Dans l’ensemble, nos résultats suggèrent que les ZFEont des implications distributives nuancées qui diffèrent fortement entre une perspective nationale et les évaluations locales qui se concentrent sur les effets au sein des ZFE.
