Matthew Hayek (NYU)
À l’échelle mondiale, les gouvernements nationaux sont confrontés à un « déficit foncier », ayant surexploité les terres disponibles tout en essayant de maintenir la production alimentaire. La France, par exemple, doit consacrer environ 2 % de son territoire total ou 6 % de sa superficie agricole pour atteindre ses objectifs de couverture forestière pour 2030. Cependant, la conversion aveugle de terres productives en forêts risquerait de « délocaliser » la production alimentaire et ses émissions, tout en menaçant potentiellement la souveraineté alimentaire. Dans cette présentation, je partagerai un cadre mondial permettant d’évaluer ces compromis, basé sur mon analyse récente qui identifie les pâturages à forte teneur en carbone et à faible rendement alimentaire comme potentiels pour la restauration des forêts indigènes. Donner la priorité à la restauration de ces « points chauds » du carbone pourrait maximiser la séquestration du carbone tout en minimisant les pertes de production alimentaire. Je décrirai ensuite comment ce cadre pourrait être appliqué spécifiquement au contexte français. Enfin, je discuterai de la manière dont ce cadre pourrait être élargi avec des économistes et des experts en politique afin de concevoir des mécanismes financiers qui soutiennent les agriculteurs dans le cadre d’une transition co-bénéfique de l’utilisation des terres.
