Mouez Fodha (Paris School of Economics)

 

Cet article examine l’impact des risques liés à la transition vers une économie sobre en carbone sur les coûts d’emprunt souverains. À partir de deux ensembles de données de panel asymétriques couvrant 125 pays de 1995 à 2019, nous estimons des modèles étendus des déterminants macroéconomiques des coûts de la dette souveraine à court et à long terme. Nous incluons des indicateurs clés reflétant l’exposition aux risques de transition, tels que l’abondance des ressources fossiles, l’intensité carbone du PIB et la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie. Les résultats montrent que l’abondance des ressources fossiles et une part plus élevée d’énergies renouvelables sont associées à des coûts d’emprunt plus faibles, tandis qu’une intensité carbone plus élevée augmente les coûts de la dette souveraine. Les marchés financiers semblent donc récompenser les dotations en ressources fossiles tout en pénalisant les utilisations à forte intensité carbone de ces ressources. Cela révèle un signal contradictoire : la richesse en ressources fossiles réduit le coût de l’emprunt public, car elle est perçue comme une forme de garantie implicite, tandis que l’utilisation effective de ces ressources augmente les coûts d’emprunt, reflétant une prime de risque carbone.

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26 mai 2026 E2. 502