Niklas Schoch (Sciences-Po Paris)

 

La décarbonisation de l’industrie reste un défi majeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les industries les plus polluantes se caractérisent généralement par une concentration du marché. Cet article examine les implications en termes de bien-être de la tarification du carbone dans les industries concentrées lorsque les entreprises peuvent adopter des technologies permettant de réduire les émissions. Je montre que le niveau optimal de la taxe carbone doit trouver un équilibre entre la suppression de la production et des incitations suffisantes pour adopter les technologies vertes disponibles. Pour quantifier ce compromis, je développe un modèle dynamique de concurrence imparfaite et de choix endogène des technologies de production, en utilisant les développements récents dans la modélisation des choix d’investissement dynamiques continus. J’estime le modèle à l’aide de données provenant de l’industrie française du ciment, en exploitant un ensemble de données détaillées sur les investissements à faible intensité de carbone et la récente escalade du prix du carbone dans l’UE pour estimer les coûts d’investissement liés à la réduction des émissions. Cela me permet de simuler les trajectoires d’investissement et de l’industrie sous différents niveaux de taxe carbone et de subventions aux coûts technologiques. Cela me permet de simuler les trajectoires d’investissement et de l’industrie sous différents niveaux de taxe carbone et de subventions aux coûts technologiques. Dans ce contexte, la taxe carbone maximisant le bien-être se situe entre le niveau impliqué par une analyse oligopolistique statique et le niveau pigouvien. Cela reflète le compromis entre une suppression supplémentaire de la production (critique de Buchanan) et des incitations suffisantes pour les investissements verts. De plus, je montre que la combinaison d’une taxe et d’une subvention fournit des incitations suffisantes à l’investissement sans entraîner une forte contraction de la production due à une taxation excessive. En conséquence, je constate que le fait de compléter la taxe statistiquement optimale par une subvention au coût technologique permet d’obtenir un gain modeste en termes de bien-être par rapport à ce que la taxe optimale seule peut permettre d’atteindre.

Informations pratiques
29 janvier 2026 E2. 508