Salomé Kahindo (IESEG)

 

Malgré leurs avantages agronomiques et environnementaux, la culture des légumineuses reste limitée dans l’agriculture européenne en raison de la faiblesse persistante des prix du marché et de facteurs structurels dissuasifs. Cette étude présente une méthode permettant de concilier les frontières de production basées sur la quantité et celles basées sur la valeur, offrant ainsi une nouvelle perspective sur ce décalage. Nous définissons l’alignement comme la condition dans laquelle un comportement visant à maximiser les revenus conduit au même niveau de production physique (mesuré ici en termes de production de protéines de légumineuses) que celui obtenu dans le cadre d’un référentiel visant à maximiser la quantité. À l’aide de modèles non paramétriques Free Disposal Hull (FDH), nous montrons que, dans le contexte des prix actuels du marché, cet alignement n’est pas atteint, ce qui révèle un décalage entre les incitations tarifaires et le potentiel de production de protéines des légumineuses. Pour remédier à cela, nous simulons des ajustements de prix des légumineuses spécifiques à la production afin d’identifier les conditions nécessaires pour rétablir l’alignement. La méthode est appliquée à 699 systèmes de culture français du réseau DEPHY. Les résultats montrent que des augmentations individualisées du prix des légumineuses, de 15 % en moyenne, sont suffisantes pour aligner le comportement de maximisation des revenus sur la frontière de production physique, permettant à presque tous les systèmes d’atteindre leur potentiel de production de protéines de légumineuses tout en maximisant leurs revenus.

Informations pratiques
03 février 2026 E2. 508