Julia Mink (Université de Bonn)

 

Cet article quantifie les coûts économiques à long terme d’une exposition prolongée à la pollution atmosphérique. Nous élaborons de nouveaux indicateurs de l’exposition individuelle à la pollution émise par les centrales électriques françaises à combustibles fossiles sur la période 1950-2022, en tenant compte de la mobilité résidentielle. En exploitant la variation quasi-expérimentale générée par la transition vers l’énergie nucléaire menée par le gouvernement dans les années 1980, puis par la fermeture progressive des centrales à charbon et à pétrole, nous estimons les effets de l’exposition précoce et cumulative à la pollution liée à l’électricité sur l’emploi, les revenus et la santé à l’âge adulte. Nous constatons qu’une exposition à long terme plus importante réduit significativement les revenus sur toute la durée de vie, ces effets étant en partie médiés par les répercussions négatives sur la santé d’une exposition avant l’âge de cinq ans. Les bénéfices implicites de cette suppression précoce des combustibles fossiles en France sont considérables : dans un rayon de 20 kilomètres autour des centrales, l’exposition moyenne à la pollution entraîne une baisse de 4,5 % du salaire annuel sur toute la durée de vie.

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21 avril 2026 E2. 508